[Le point des marchés] Une nouvelle campagne d’export tendue pour le blé français, Grandes cultures



Les conditions pluvieuses des semis à l’automne dernier ont eu raison des surfaces françaises de blé. Celles-ci s’affichent à 4,3 millions d’hectares (contre 5 millions d’hectares en 2019), du jamais vu depuis plus de 20 ans. Mathématiquement, et en y ajoutant la sécheresse printanière, la production est en forte baisse par rapport à l’an dernier et passe sous la barre des 30 millions de tonnes.

La quantité de blé français qui sera disponible à l’export est donc, tout aussi mathématiquement, en baisse. « Nous devrions avoir un disponible à l’export proche des 13 millions de tonnes », contre 21 millions de tonnes l’an passé, fait savoir Nathan Cordier, responsable des analyses chez Agritel. Au sein de ce volume, le cabinet Agritel estime que 6,3 millions de tonnes pourront être expédiées vers les pays-tiers, contre 13,5 pour la campagne passée.

La situation chez nos voisins européens est contrastée : alors que les récoltes ont été mauvaises au Royaume-Uni, en Allemagne, en Roumanie et en Bulgarie, certains pays affichent des productions record, comme l’Espagne et les Pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie). La production des trois pays baltes est affichée à plus de 9 millions de tonnes, avec un disponible à l’export de 7,5 millions de tonnes.

« Une concurrence rude est à prévoir pour les prochains mois de la part des Pays baltes vers l’Algérie, ainsi que vers le nord communautaire » (Belgique, Pays-Bas), prévient Nathan Cordier.

Au vu du faible volume disponible à l’export, la France sera également en concurrence cette année pour les destinations traditionnelles (comme le Maroc ou l’Afrique subsaharienne) avec les pays de la Mer Noire. Les disponibilités à l’export des pays de la Mer Noire (Kazakhstan, Russie et Ukraine) s’affichent en hausse par rapport à l’an dernier, largement tirées par la Russie, où les surfaces de blé sont à leur plus haut niveau. La récolte y est toujours en cours, mais les opérateurs s’accordent pour dire que la production russe sera supérieure à 80 millions de tonnes, ce qui en ferait la deuxième meilleure récolte de l’histoire de pays.

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Parmi les autres grands pays exportateurs, de bons niveaux de production sont attendus au Canada et en Australie. En revanche, « les conditions de culture se sont bien dégradées en Argentine en raison du sec et des fortes gelées », indique Nathan Cordier. Le potentiel de production devrait donc être moins élevé que prévu. Une inconnue qui pourrait tendre d’avantage le marché au cours de prochains mois.



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