Moisson 2020 : la qualité à défaut de la quantité, Grandes cultures



> Blé tendre : rendements décevants mais bonnes teneurs en protéines

Avec un rendement moyen qui s’établirait à 68,3 q/ha, en recul de 4% par rapport à la moyenne quinquennale, la récolte de blé 2020 se positionne comme l’une des plus petites de ces dix dernières années. Elle apparaît même, selon l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) comme
l’une des pires récoltes depuis 30 ans après six années difficiles en termes de revenus.

Comme chaque année, les rendements sont cependant très hétérogènes selon les régions. Cette hétérogénéité est même amplifiée cette année, avec des rendements pouvant aller « du simple au triple, voire plus », indiquent FranceAgriMer, Terres Inovia et Arvalis dans un communiqué commun tirant le bilan de la campagne.

Ainsi quelques régions s’en sortent mieux : c’est le cas de la Normandie, des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Bourgogne-Franche-Comté où les rendements sont proches voire supérieurs à la moyenne quinquennale.

« Sur le plan qualitatif, les teneurs en protéines devraient répondre aux besoins des utilisateurs des blés tendres français. Les moyennes régionales sont généralement supérieures à 11,5 %, voire 12 % sauf dans les Pays-de-la-Loire, en Normandie, en Bretagne et dans les anciennes régions Picardie et Champagne-Ardenne », précisent les instituts.

Dans la majorité des cas, l’absence de pluie jusqu’à la récolte a préservé le potentiel de poids spécifique élevé mis en place au moment du remplissage grâce au temps ensoleillé. La moyenne nationale devrait s’établir autour de 79-80 kg/hl.

> Blé dur : PS et protéines satisfaisants

En blé dur, le rendement moyen est estimé à 51,6 q/ha, soit une baisse de 5% par rapport à la moyenne quinquennale. Une hausse des surfaces a été constatée par rapport à l’an dernier : elles s’établissent à 252 000 hectares. « Côté qualité, les teneurs en protéines sont correctes à bonnes, même très bonnes dans le bassin Ouest-Océan », font savoir les instituts.

Sous l’effet combiné de la génétique et de conditions favorables lors du remplissage des grains, le poids spécifique est satisfaisant (bassin Ouest-Océan et Sud-Est), voire bon (bassin Centre et Sud-Ouest) en dépit de pluies survenues en fin de cycle dans certains secteurs à l’Ouest et dans le Sud-Ouest.

Pour les mêmes raisons, la collecte nationale devrait être majoritairement satisfaisante pour le temps de chute de Hagberg même si localement des accidents ont pu être constatés.

> Orges : des surfaces record

Les orges affichent des surfaces en progression qui atteignent 2 millions d’hectares, ce qui constitue un record. Les surfaces d’orges de printemps continuent de progresser, représentant environ 39% de la sole totale d’orges en 2020 contre environ 33% en 2019. Le rendement moyen des orges d’hiver est estimé à 58,2 q/ha, celui des orges de printemps à 56,1.

Côté qualité, « les teneurs en protéines majoritairement situées entre 10,5 et 11,5 % devraient satisfaire les utilisateurs brassicoles dans la plupart des cas. Les poids spécifiques sont corrects à bons selon un gradient Ouest-Est », précisent Arvalis et FranceAgriMer.

Enfin, les calibrages sont très bons. Les régions brassicoles présentent des moyennes supérieures ou égales à 80 %, voire à 90 % (Champagne-Ardenne, Picardie et Poitou-Charentes).

> Colza : une récolte globalement décevante

Le rendement des colzas passe sous la barre des 30 q/ha pour la première fois depuis 2007. Il est estimé à 29,7 q/ha. « Les difficultés d’implantation des cultures et la gestion de plus en plus difficile des ravageurs pour lesquels les solutions de contrôle manquent sont à l’origine d’une baisse des surfaces en Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne », indique Terres Inovia.

Accentuées par un épisode de gel tardif, ces difficultés d’implantation expliquent aussi les faibles rendements observés dans les bassins Centre et Centre-Est de la France (25 q/ha en Bourgogne et 28 q/ha en Champagne-Ardenne). À l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) et au Sud, l’alternance d’excès d’eau hivernaux et de sécheresses printanières a empêché un développement performant du système racinaire.

Mais si la récolte s’avère globalement décevante, le colza a réservé de bonnes surprises avec des rendements corrects, par exemple au nord de la région Centre-Val de Loire et en Hauts-de-France. « Les teneurs en huile sont en moyenne meilleures que l’année dernière et devraient être proches de 44% de rendement aux normes », précise l’institut technique.

> Pois : production en berne malgré la hausse des surfaces

Malgré une hausse des surfaces de 50 000 hectares, la production de pois protéagineux est en baisse par rapport à l’an dernier en raison de la chute des rendements. « Après une implantation des cultures difficile, les pois ont mal subi la longue période de sécheresse du printemps qui a freiné leur développement et limité la mise en place de nodosités. Les pois d’hiver implantés plus tôt ont pu bénéficier de conditions plus favorables », notent les instituts techniques.

L’année 2020 se caractérise surtout par une pression des ravageurs (sitones et pucerons) sans précédent, en particulier dans la moitié nord de la France, ce qui a réduit le potentiel des cultures. Le rendement moyen est estimé à 30,8 q/ha.

« Étant donné cette mauvaise conjoncture climatique et sanitaire, la récolte est décevante cette année sur l’ensemble du territoire à l’exception de certains secteurs (Hauts-de-France, Champagne) », concluent Terre Inovia, Arvalis et FranceAgriMer.



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